Alpes-de-Haute-Provence : quand la science, l’art et les abeilles font vibrer l’automne

28 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Provence-Alpes-Côte d'Azur · Alpes-de-Haute-Provence

Alpes-de-Haute-Provence : quand la science, l’art et les abeilles font vibrer l’automne

Cette semaine, les Alpes-de-Haute-Provence se transforment en un terrain de jeu où se croisent les savoirs, les saveurs et les histoires. Entre festivals dédiés à la biodiversité, portes ouvertes d’ateliers d’artistes et découvertes insolites, l’automne s’annonce comme une saison où l’on prend le temps de regarder, d’écouter et de goûter ce qui fait la richesse – discrète mais tenace – de ce territoire.

Un festival qui murmure à l’oreille des écosystèmes

Si vous ne deviez retenir qu’un seul rendez-vous cette semaine, ce serait sans hésiter Durance Nature, le festival de la biodiversité qui investit Château-Arnoux-Saint-Auban le 28 septembre. Organisé par l’association La Cistude, ce temps fort ne se contente pas de célébrer la nature : il la décrypte, la questionne, et surtout, il donne la parole à ceux qui la vivent au quotidien. Entre balades naturalistes, ateliers participatifs et rencontres avec des scientifiques, le festival propose une immersion où l’on apprend autant sur les libellules de la Durance que sur les gestes qui permettent de les préserver. Un événement qui rappelle que la biodiversité n’est pas qu’un mot à la mode, mais une réalité tangible, à portée de main – et de jumelles.

Quand les abeilles deviennent des guides

Le 2 octobre, Valensole invite à un atelier d’apithérapie au Jas des abeilles, un lieu où la ruche se révèle bien plus qu’un simple producteur de miel. Gelée royale, pollen frais, propolis… Derrière ces noms se cachent des trésors aux vertus souvent méconnues, et surtout, des histoires de passionnés. L’atelier promet de lever le voile sur ces produits, mais aussi sur les modes de production qui respectent le rythme des abeilles. Une occasion rare de comprendre pourquoi ces insectes, si petits et si essentiels, méritent qu’on s’arrête un instant pour les observer – et peut-être, pour en parler autrement qu’en termes de « crise » ou de « disparition ».

L’art et l’histoire, portes grandes ouvertes

À Digne-les-Bains, les artistes prennent les devants : dans le cadre des Journées Nationales des Artistes, Catherine Tapon, une figure locale depuis près de quatre décennies, ouvre son atelier et encourage ses pairs à faire de même. Le 2 octobre, ce sont des dizaines d’espaces de création qui dévoilent leurs coulisses, leurs doutes et leurs éclats. Une plongée dans l’intimité de ceux qui façonnent, jour après jour, le paysage culturel du département. Le même jour, Manosque rend hommage à Voltaire à travers une rencontre autour de la bibliothèque de Jean Giono. Une façon de rappeler que les livres, même les plus anciens, continuent de dialoguer avec notre époque – et que les bibliothèques sont bien plus que des réserves de papier.

La science s’invite partout, même dans les grottes

Le 3 octobre, le Musée de Préhistoire des gorges du Verdon, à Quinson, s’associe à la Fête de la Science pour une journée où la préhistoire se mêle aux questionnements les plus contemporains. Entre visite de la grotte reconstituée et animations interactives, le musée prouve que la science n’est pas réservée aux laboratoires : elle se niche aussi dans les strates de la terre, dans les outils taillés par nos ancêtres, et dans les récits qu’ils nous laissent. Un rappel utile, à l’heure où l’on cherche parfois à opposer savoirs traditionnels et innovations.

Et si on en profitait pour flâner ?

Entre deux rendez-vous, pourquoi ne pas s’offrir une pause hors du temps ? À Forcalquier, la Maison des têtes – ou des « quatre saisons » – se dresse comme un hommage à l’architecture Renaissance, avec ses façades sculptées qui racontent, en silence, des siècles d’histoire. Plus discret, l’Ancien Couvent des Dominicains de Sisteron offre un cadre apaisant, où l’on peut imaginer les murmures des moines d’autrefois. Et pour ceux qui préfèrent les saveurs à l’histoire, la Ferme de Titou, à Saint-Maime, propose une immersion dans le quotidien d’une exploitation agricole, où les produits du terroir se dégustent sans chichis. Enfin, l’aire de battage de Brès, près du Castellet, rappelle que les paysages des Alpes-de-Haute-Provence portent encore les traces des gestes ancestraux – ceux qui, autrefois, rythmaient la vie des villages.

Un territoire qui se raconte, sans fard

Cette semaine, les Alpes-de-Haute-Provence ne se contentent pas de proposer des sorties : elles invitent à une forme de lenteur, à une curiosité qui va au-delà du simple divertissement. Que ce soit en écoutant une conférence sur l’histoire mouvementée de Noyers-sur-Jabron, en découvrant les coulisses d’un atelier d’artiste ou en participant à un atelier sur les produits de la ruche, on comprend que ce territoire a choisi de mettre en avant ce qui le rend unique : des savoir-faire, des paysages, et surtout, des femmes et des hommes qui en prennent soin. Alors, si l’automne est souvent associé aux feuilles mortes et aux jours qui raccourcissent, ici, il se pare de couleurs bien plus vives.

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