Ce week-end dans le Var : quand l'art et l'effort dessinent l'automne
30 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Provence-Alpes-Côte d'Azur · Var
L’automne s’installe doucement sur le Var, et avec lui, une effervescence qui dépasse les simples couleurs des feuilles. Ce week-end, le département se transforme en une scène où se croisent la mémoire des villages, l’audace des artistes et l’énergie des défis physiques. Entre Saint-Tropez et Fréjus, entre les collines de l’Estérel et les ruelles de Sainte-Maxime, il y a cette étrange alchimie : celle d’un territoire qui ose mêler l’intime et le spectaculaire, sans jamais sacrifier l’un à l’autre.
Quand les voiles racontent autre chose que le vent
Si un seul événement devait incarner cette singularité varoise, ce serait sans doute Les Voiles de Saint-Tropez. Bien sûr, on pense d’abord aux bateaux, à ces géants de toile et de bois qui fendent les eaux turquoise sous les yeux des spectateurs massés sur les quais. Mais ce qui frappe, année après année, c’est la façon dont l’événement dépasse le cadre d’une simple régate. Ici, la voile devient prétexte à une célébration plus large : celle d’un art de vivre où se mêlent tradition maritime et modernité, où les équipages en cirés côtoient des visiteurs venus autant pour l’ambiance que pour la compétition. Le 26 septembre, le port sera un théâtre à ciel ouvert, où chaque détail — des cordages aux tenues des marins — raconte une histoire. Et si l’on tend l’oreille, on entendra peut-être, entre deux rafales, les rires des enfants qui courent sur les pontons ou le cliquetis des verres dans les bars du front de mer.
L’art sous toutes ses formes, du surréalisme aux ateliers ouverts
À quelques kilomètres de là, Fréjus propose une tout autre immersion avec son Festival international de la photographie surréaliste & créative. Le surréalisme, ce mouvement qui a bousculé les codes au début du XXᵉ siècle, trouve ici une résonance particulière. Peut-être parce que le Var, terre de contrastes, se prête à ces jeux de l’esprit où le réel et l’imaginaire s’entremêlent. Les photographies exposées ce week-end promettent de révéler des mondes insoupçonnés, où les objets du quotidien deviennent étranges, où les paysages se parent de mystères. Une invitation à regarder autrement, à se laisser surprendre par ce qui nous entoure — une qualité précieuse dans une région où l’on croit parfois tout connaître.
Pour ceux qui préfèrent l’art en train de se faire, Sanary-sur-Mer ouvre grand les portes de ses ateliers le 2 octobre lors des Journées Nationales des Artistes. Rencontrer un artiste dans son espace de création, c’est souvent découvrir l’envers du décor : les hésitations, les ratages, les fulgurances. Ces journées offrent une rare occasion de dialoguer avec ceux qui façonnent la matière — qu’il s’agisse de peinture, de sculpture ou d’installations — et de comprendre ce qui les anime. À une époque où l’art est souvent consommé à la hâte, entre deux stories sur les réseaux sociaux, ces moments de rencontre rappellent que la création est avant tout une aventure humaine.
Entre mémoire et défi : deux facettes du Var
Ce week-end, le passé et l’effort physique se donnent aussi rendez-vous dans le département. À La Londe-les-Maures, l’exposition « Focus sur notre village au début du XXᵉ siècle » plonge les visiteurs dans les premières décennies de la commune, à travers des reproductions de cartes postales d’époque. Ces images en noir et blanc, souvent jaunies par le temps, révèlent un village en pleine mutation : les premières villas balnéaires côtoient encore les champs d’orangers, les pêcheurs partagent l’espace avec les premiers touristes. Une façon de mesurer le chemin parcouru, mais aussi de s’interroger sur ce que l’on choisit de conserver — ou d’oublier — de son histoire.
À l’opposé, pour ceux que l’appel du défi physique titille, la Spartan Race débarque à Saint-Raphaël le 2 octobre. Course à obstacles parmi les plus réputées au monde, elle promet de mettre à l’épreuve les participants dans un cadre naturel exceptionnel. Entre les sentiers de l’Estérel et les plages de galets, les coureurs devront affronter des épreuves conçues pour tester leur endurance, leur force et leur mental. L’événement, qui attire aussi bien des athlètes aguerris que des amateurs en quête de dépassement, rappelle que le Var n’est pas seulement une terre de détente, mais aussi un terrain de jeu pour ceux qui aiment repousser leurs limites.
Et si on prenait le temps ?
Au milieu de cette effervescence, quelques propositions invitent à ralentir le rythme. À Carnoules, le Domaine du Grand Cros organise le 2 octobre une rencontre où l’art et le vin se répondent. Dans les caves du domaine, des œuvres contemporaines dialoguent avec les bouteilles, créant une atmosphère où les sens sont sollicités sans précipitation. Une parenthèse qui rappelle que le Var, terre de soleil et de fêtes, sait aussi cultiver ces moments de douceur où l’on prend le temps de savourer.
Pour ceux qui préfèrent explorer à leur rythme, les œuvres disséminées dans les petits villages de l’arrière-pays offrent une alternative discrète mais fascinante. À Châteauvieux, « La Grotte des Fées » de Françoise Franjou transforme un simple rocher en une scène onirique, où les sculptures semblent émerger de la pierre comme par magie. Plus loin, à La Martre, « Le Devoir de Mémoire » de Benjamin Vasapolli interroge notre rapport à l’histoire à travers une installation sobre et puissante. Ces œuvres, souvent méconnues, méritent le détour : elles prouvent que l’art n’a pas besoin de grands musées pour exister, et que les plus belles découvertes se font parfois au détour d’un chemin de campagne.
Ce week-end dans le Var, il y a de quoi remplir son agenda — et ses yeux. Mais au-delà des événements, c’est peut-être cette capacité à surprendre qui frappe le plus. Entre les voiles qui dansent sur l’eau, les photographies qui bousculent notre regard et les défis qui repoussent nos limites, le département offre une palette de possibles où chacun peut trouver sa propre façon de vivre l’automne. Alors, plutôt que de courir d’une activité à l’autre, pourquoi ne pas choisir un fil conducteur — l’art, l’histoire, ou l’effort — et se laisser porter ? Après tout, c’est souvent en prenant le temps de s’arrêter que l’on découvre ce qui fait la singularité d’un lieu.
Pour en savoir plus
- Exposition "Focus sur notre village au début du XXè siècle"
- Balades aux musées
- Les Voiles de Saint-Tropez
- Festival international de la photographie surréaliste & créative de Fréjus
- Karim Zitouni Exposition
- Spartan Race Estérel Côte d'Azur
- Biblis en folie : découverte du portail documentaire et des ressources numériques de la médiathèque
- L'Art s'invite au Domaine du Grand Cros
- Les Journées Nationales des Artistes
- Fête de la science : exposition « Nourrir l'humanité, le défi du siècle »
- "La Grotte des Fées" de Françoise Franjou
- "Le Devoir de Mémoire" de Benjamin Vasapolli
- "Le Veilleur" de Michel Giuliano
- "Lei Rore ei Aiga" de Mireille Rouvier