Ce week-end dans le Vaucluse : quand l’automne s’invite entre quartiers, miel et parchemins
7 octobre 2026 · La rédaction de Sortir en Provence-Alpes-Côte d'Azur · Vaucluse
L’automne s’installe doucement sur le Vaucluse, et avec lui, une invitation à ralentir le pas pour mieux saisir ce que la saison a de plus précieux : des lumières dorées, des saveurs qui s’affinent, et des histoires qui se racontent à voix basse. Ce week-end, le département se transforme en une scène où se croisent l’intime et le collectif, le passé et le présent. Entre un quartier de Carpentras qui se dévoile comme un fruit mûr, des abeilles observées à travers une ruche transparente, et des ateliers où l’on trempe sa plume dans l’encre médiévale, il y a de quoi composer un week-end à son image — à condition de choisir son rythme.
Un quartier qui se raconte, entre poésie et réalité
C’est un événement rare, presque confidentiel, qui ouvre le bal ce vendredi à Carpentras. « Paroles des Amandiers » propose une déambulation dans un quartier souvent réduit à son image de périphérie urbaine. Pourtant, comme le suggère la métaphore filée par les organisateurs — « le quartier, c’est comme une orange : il faut l’ouvrir pour en découvrir la saveur » —, il s’agit ici de gratter sous la surface. Le parcours, conçu pour les plus de 10 ans, mêle témoignages d’habitants, lectures et installations éphémères. L’occasion de porter un autre regard sur un territoire qui, comme tant d’autres, se construit au quotidien entre mémoire et modernité. Une façon de rappeler que les histoires les plus vibrantes ne sont pas toujours celles que l’on croit.
Sous les chênes, le miel et le temps suspendu
Si vous préférez les grands espaces aux ruelles animées, direction Uchaux, où « Dégustation sous les Chênes » offre un dimanche matin en immersion dans l’univers des abeilles. Dès 11h, une ruche en activité sera présentée au public, permettant d’observer ces ouvrières infatigables à l’œuvre. L’animation pédagogique qui précède replace le miel dans son écosystème : un rappel utile, alors que les pollinisateurs continuent de disparaître à un rythme alarmant. Le cadre, sous les chênes centenaires, ajoute une dimension presque contemplative à l’expérience. On imagine sans peine les enfants, les yeux écarquillés devant les alvéoles, et les adultes, un peu plus tard, en train de comparer les notes florales d’un miel de lavande et d’un miel de thym. Un moment simple, mais qui replace l’humain dans une chaîne plus large que lui.
Le coup de cœur : quand Avignon se fait italienne
Parmi les propositions de ce week-end, une se détache par son audace historique et son approche sensorielle. « La petite Italie dans la cité des Papes », organisée par Avignon Tourisme le 8 octobre, promet de révéler un pan méconnu de l’histoire avignonnaise. La ville, souvent associée à son Palais des Papes et à son festival de théâtre, a en effet entretenu des liens étroits avec l’Italie au Moyen Âge, notamment en tant que carrefour marchand entre Lyon et la Méditerranée. Le lendemain, le 9 octobre, deux autres rendez-vous prolongent cette exploration : une initiation à la calligraphie onciale, où l’on apprendra à tracer les lettres comme le faisaient les moines copistes, et une conférence sur « Avignon médiévale : une cité italienne ? », qui interrogera les influences transalpines sur l’architecture et la culture locales. Ces trois événements, pris ensemble, composent une plongée cohérente dans une époque où Avignon était bien plus qu’une ville provençale — une métropole européenne, ouverte sur le monde. Pour ceux qui aiment les histoires qui se racontent en plusieurs dimensions, c’est une occasion rare de lier le geste (celui de la plume sur le parchemin) à la grande Histoire.
Et si on prenait le temps ?
Ce week-end, le Vaucluse semble vouloir nous rappeler que l’automne est une saison propice aux retours aux sources. À Grillon, la Fête de la science (samedi 11 octobre pour le grand public) propose des ateliers et des rencontres autour de la biodiversité, tandis qu’à Cabrières-d’Avignon, une conférence explore les liens entre photographie nature et art. Pour ceux qui préfèrent le silence des sentiers, le Domaine de Coyeux, à Beaumes-de-Venise, offre un parcours viticole où les ceps, déjà teintés de rouge, se mêlent aux oliviers. Et si l’envie vous prend de pédaler, la Tour de l’Enclave à vélo, autour de Valréas, permet de relier les villages en suivant les contours de ce territoire aux allures de presqu’île.
Que l’on choisisse de se perdre dans les ruelles d’Avignon, d’écouter le bourdonnement des abeilles ou de tracer des lettres médiévales, une chose est sûre : ce week-end, le Vaucluse se savoure lentement. Comme une orange que l’on épluche, quartier après quartier.
Pour en savoir plus
- Paroles des Amandiers
- Dégustation sous les Chènes
- Semaine bleue
- Fête de la science
- La petite Italie dans la cité des Papes
- Initiation à la calligraphie
- Stage croquis aquarelle et carnet de voyage
- Avignon médiévale : une cité italienne ?
- LA PHOTOGRAPHIE NATURE : DE L’ILLUSTRATION À L’ART
- Les Docs de Grillon
- « Avignon, eau vivante, eau cachée », un parcours dans la ville
- 28 - Tour de l'Enclave à vélo
- 6 - D'Orange à Sérignan-du-Comtat
- À pied sur le sentier viticole du Domaine de Coyeux