Ce week-end dans les Alpes-de-Haute-Provence : quand l’art et l’enfance redessinent le paysage
26 août 2026 · La rédaction de Sortir en Provence-Alpes-Côte d'Azur · Alpes-de-Haute-Provence
Forcalquier et Seyne-les-Alpes s’apprêtent à offrir un week-end où l’art et l’imaginaire prennent le pas sur la routine. Entre une exposition qui confronte la beauté des récifs coralliens à la brutalité de l’industrie, et un ciné-goûter qui retourne le monde comme une chaussette, les Alpes-de-Haute-Provence deviennent le théâtre d’une réflexion aussi subtile que nécessaire.
Un cri visuel contre l’oubli : Du Charbon au Corail
Notre coup de cœur va sans hésiter à « Du Charbon au Corail », visible à Forcalquier ce mardi 18 août. L’exposition, loin d’être une simple succession d’images, joue sur le contraste saisissant entre la vitalité des côtes australiennes et la violence de leur exploitation. Les photographies, dont on devine qu’elles sont travaillées avec une précision presque chirurgicale, ne se contentent pas de montrer : elles accusent, elles questionnent. Et c’est précisément cette tension entre esthétique et éthique qui rend l’expérience si marquante. À voir absolument avant que les débats ne s’éteignent avec les derniers visiteurs.
L’aquarelle comme carnet de voyage immobile
Quelques jours plus tard, le 27 août, Matteo Lunardi investit à son tour Forcalquier avec ses « Aquarelles ». L’homme, à la fois architecte et artisan, a passé deux décennies à capturer les nuances changeantes des paysages qui l’entourent. Ses toiles, où la lumière semble couler comme de l’eau sur le papier, révèlent une intimité rare avec le Pays de Forcalquier, la montagne de Lure ou les berges de la Durance. Une exposition qui se savoure comme un retour aux sources, surtout pour ceux qui croient connaître ces lieux par cœur.
Quand le cinéma fait basculer les perspectives
À Seyne, le 29 août, c’est un tout autre registre qui attend les familles : « Le Monde à l’envers », un ciné-goûter où l’on suit un souriceau vivant la tête en bas, un poisson minuscule en quête d’aventure, et des enfants dont l’imagination défie les lois de la gravité. L’idée ? Se glisser dans la peau de ceux qui voient le monde différemment. Un programme idéal pour clore le week-end en douceur, surtout si l’on a passé la journée à arpenter les sentiers ou à flâner dans les ruelles.
Autour des événements : quelques haltes à glisser dans son itinéraire
Entre deux expositions, pourquoi ne pas faire une pause à la Maison des têtes, à Forcalquier ? Ce bâtiment Renaissance, orné de quatre visages sculptés représentant les saisons, est un petit bijou d’histoire locale, souvent éclipsé par les sites plus touristiques. À quelques kilomètres de là, à Saint-Maime, la Ferme de Titou propose une immersion dans le quotidien agricole, avec des animaux et des activités qui raviront les plus jeunes (et les moins jeunes aussi).
Pour ceux qui préfèrent les traces du passé rural, l’Aire de battage de Brès, près du Castellet, offre un témoignage silencieux des techniques agricoles d’autrefois. Enfin, à Sisteron, l’Ancien Couvent des Dominicains mérite le détour pour son architecture sobre et son atmosphère apaisante, loin de l’agitation des sites plus fréquentés.
Ce week-end, les Alpes-de-Haute-Provence ne se contentent pas d’être un décor : elles deviennent un espace où l’art, l’histoire et l’enfance dialoguent, invitant chacun à regarder au-delà des apparences.