Ce week-end dans les Bouches-du-Rhône : quand l’art et la fête redessinent les paysages

7 octobre 2026 · La rédaction de Sortir en Provence-Alpes-Côte d'Azur · Bouches-du-Rhône

Ce week-end dans les Bouches-du-Rhône : quand l’art et la fête redessinent les paysages

Le week-end s’annonce comme une parenthèse où les Bouches-du-Rhône se transforment en une scène à ciel ouvert, mêlant l’effervescence des festivals aux silences des expositions. Entre Marseille et les Alpilles, les propositions oscillent entre hommage à l’histoire locale et célébration de la création contemporaine, le tout sous le signe d’une lumière qui, en cette fin septembre, semble encore retenir l’été.

Un château marseillais s’ouvre pour Pagnol

Si un seul rendez-vous devait retenir l’attention, ce serait sans doute Les Escales de la Bonne Mère, au château Saint-Victor, ce vendredi 29 septembre. Ce lieu, habituellement fermé au public, s’apprête à accueillir une soirée dédiée à Marcel Pagnol, intitulée Variations d’. L’occasion est rare : le festival prolonge l’été le temps de deux soirées, mais la première, centrée sur l’écrivain marseillais, promet une immersion dans son univers à travers des lectures, des projections ou des performances – les détails restent volontairement flous, comme pour préserver la magie d’une découverte. Le château Saint-Victor, perché sur les hauteurs du 8e arrondissement, offre un cadre à la hauteur de l’hommage : une vue imprenable sur la rade, des murs chargés d’histoire, et cette lumière dorée qui, en fin de journée, enveloppe Marseille d’une douceur presque irréelle.

Entre légendes et dialogues artistiques

Le week-end se poursuit avec une série d’expositions qui, chacune à leur manière, explorent les liens entre territoire et création. À Saintes-Maries-de-la-Mer, Esteban Martorell propose avec La Légende dorée une plongée dans les récits qui ont façonné la Camargue, entre mythe et réalité historique. Ses toiles, souvent inspirées par les pèlerinages et les traditions locales, jouent avec les codes de la peinture religieuse pour mieux les détourner, comme si l’artiste cherchait à saisir l’âme d’un lieu où la mer, le ciel et les sables semblent se confondre.

À Aix-en-Provence, l’exposition Pas de deux mise sur le dialogue entre les disciplines. Peintures, sculptures en bronze et œuvres sur bois s’y répondent dans un jeu de correspondances où les matières et les formes se défient ou s’épousent. L’idée n’est pas nouvelle, mais la manière dont les artistes ont investi l’espace – les couleurs vibrantes des toiles contrastant avec la patine des bronzes, les lignes épurées des sculptures en bois dialoguant avec les courbes des peintures – donne à cette exposition une dynamique particulière, comme si chaque œuvre était à la fois une réponse et une provocation.

Du côté des Baux-de-Provence, deux expositions se font écho. Michel Stavron, avec Paysages et natures mortes, rend un hommage presque charnel à la Provence, cherchant à capter cette lumière changeante qui, d’un instant à l’autre, transforme un champ d’oliviers en une toile impressionniste. À quelques pas de là, le collectif AKA propose Terre et rêves, où Kanksa et Agnès Delettre explorent des techniques mixtes, mêlant bois découpé, dorures et matières brutes. Leurs œuvres, à la fois organiques et sophistiquées, semblent puiser leur inspiration dans les paysages environnants, comme si les Alpilles leur avaient soufflé leurs secrets.

Fêtes et cinéma : quand la culture se fait conviviale

Pour ceux qui préfèrent les ambiances plus festives, le week-end réserve aussi son lot de rendez-vous. À Arles, la Fête foraine d’automne s’installe à Salin de Giraud le 2 octobre, avec ses manèges, ses stands gourmands et son ambiance musicale. L’événement, qui se tient dans un cadre naturel préservé, rappelle que la Camargue n’est pas seulement un territoire de légendes, mais aussi un lieu où l’on sait célébrer la joie simple des retrouvailles.

À Marseille, l’Oktoberfest débarque au Meteor Vieux Port, du 2 au 11 octobre. La version marseillaise de la célèbre fête de la bière promet une ambiance résolument locale, où les chopes s’accompagneront sans doute de spécialités provençales. Et pour les amateurs de cinéma, Cinehorizontes propose, le 1er octobre, une programmation queer dense, avec notamment l’adaptation d’une pièce inachevée de García Lorca par les réalisateurs espagnols Los Javis. Un choix audacieux pour cette 25e édition, qui confirme la place du festival comme un acteur majeur de la scène culturelle marseillaise.

Et si on prenait le large ?

Pour ceux qui souhaiteraient prolonger l’expérience au-delà des expositions et des fêtes, les Bouches-du-Rhône regorgent d’itinéraires qui invitent à la découverte. La Boucle du 13 n°4, au départ d’Arles, mène jusqu’à l’étang de Vaccarès, où les rizières et les maraîchages cèdent la place à des paysages sauvages, presque lunaires. Plus à l’ouest, la Boucle du 13 n°1 permet de pédaler jusqu’à l’aqueduc de Roquefavour, un ouvrage d’art impressionnant qui domine la campagne aixoise. Et pour les amateurs de littérature, la Boucle du 13 n°10, autour du Garlaban, offre une immersion dans les paysages qui ont inspiré Pagnol, entre roches bleues et vallées verdoyantes.

Ce week-end, les Bouches-du-Rhône se révèlent sous un jour à la fois intime et spectaculaire : entre les murs des châteaux et les étendues des étangs, entre les toiles des artistes et les manèges des forains, c’est toute une région qui se donne à voir, à sentir et à vivre.

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