Ce week-end dans les Hautes-Alpes : pédaler, imprimer la lumière et lever les yeux
9 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Provence-Alpes-Côte d'Azur · Hautes-Alpes
Les Hautes-Alpes se préparent à un week-end où l’effort physique et la poésie se répondent. Entre deux courses de VTT qui attirent les passionnés de montagne et un atelier de cyanotypie pour ceux qui préfèrent fixer la lumière sur le papier, il y a de quoi composer un programme à la mesure de ses envies. Et si l’on prend un peu de hauteur, ou simplement le temps de flâner, quelques lieux discrets rappellent que ce territoire se savoure aussi en dehors des sentiers battus.
Deux défis VTT pour ceux qui aiment les montées qui comptent
Vars et La Grave accueillent ce week-end deux événements qui ont fait leurs preuves auprès des amateurs de VTT. À Vars, l’Alps Epic revient pour une édition marathon les 11 et 12 septembre. La course, connue pour ses parcours exigeants, attire chaque année des cyclistes venus chercher des paysages à couper le souffle et des dénivelés qui le sont tout autant. Le village, habituellement plus calme en cette saison, vibrera au rythme des passages de coureurs et des encouragements des spectateurs.
Le lendemain, c’est à La Grave que les regards se tourneront vers l’Ultra Raid de la Meije. Depuis 2011, cette course s’est imposée comme un rendez-vous majeur pour les vététistes, qu’ils soient amateurs ou confirmés. Le parcours, qui serpente entre les hameaux et les alpages, offre une vue imprenable sur la Meije, ce sommet emblématique qui domine la vallée. L’ambiance y est particulière : moins une compétition qu’une célébration de la montagne, où l’on croise des participants venus autant pour le défi que pour le plaisir de rouler dans un cadre exceptionnel. Si vous n’êtes pas inscrit, rien ne vous empêche de vous poster sur le bord du chemin pour applaudir les coureurs – ou simplement pour profiter du spectacle des paysages qui, eux, ne demandent aucun effort.
Un atelier pour capturer la lumière autrement
À Chorges, le 12 septembre, l’atelier de cyanotypie propose une parenthèse plus calme, mais tout aussi immersive. Ce procédé photographique ancien, qui utilise des sels de fer pour créer des images bleutées, permet de jouer avec les ombres et la lumière de manière presque artisanale. Pas besoin d’être un expert : l’atelier est ouvert à tous ceux qui ont envie d’expérimenter une technique à la fois simple et surprenante. Imaginez repartir avec une feuille où se dessinent les contours d’une feuille d’arbre, d’un outil ou d’un paysage local, teintée de ce bleu caractéristique qui évoque les ciels d’été. Un bon moyen de ramener un peu de la lumière des Hautes-Alpes chez soi, sans passer par un écran.
Et si on prenait le temps de lever les yeux ?
Entre deux activités, ou pour ceux qui préfèrent éviter la foule, les Hautes-Alpes regorgent de lieux qui invitent à ralentir. À Orpierre, le parcours artistique nocturne « Les affûts d’étoiles » dans la forêt de Beynaves est une expérience à part. De jour comme de nuit, ce sentier jalonné d’installations artistiques transforme une simple balade en une déambulation poétique. Les œuvres, souvent discrètes, dialoguent avec les arbres et les roches, comme pour rappeler que l’art et la nature n’ont pas besoin de se faire concurrence pour exister.
Pour ceux qui aiment les pierres chargées d’histoire, l’abbaye de Boscodon, près de Crots, mérite le détour. Fondée au XIIe siècle, elle se dresse au milieu des montagnes, avec une architecture sobre qui contraste avec la richesse de son passé. Le lieu, encore habité par une communauté religieuse, se visite en silence, et l’on peut y passer des heures à observer les détails des voûtes ou simplement à écouter le vent dans les arbres. Un peu plus au sud, l’abbaye bénédictine Notre-Dame de Miséricorde à Rosans offre une autre forme de sérénité. Moins connue, elle est pourtant un témoignage précieux de la vie monastique dans la région.
Enfin, pour une pause inattendue, l’abri de cantonnier dans les Gorges de la Méouge est un petit bijou de simplicité. Niché au bord de la rivière, ce cabanon en pierre, aujourd’hui abandonné, rappelle l’époque où les routes de montagne étaient entretenues à la force des bras. On peut s’y arrêter pour pique-niquer, ou simplement pour contempler le paysage, en se demandant combien de générations de cantonniers ont posé leur regard sur ces mêmes falaises.
Ce week-end, les Hautes-Alpes offrent donc une palette d’expériences qui vont de l’adrénaline à la contemplation. Que l’on choisisse de pédaler jusqu’à l’épuisement, d’imprimer des images bleues sur du papier ou de marcher en silence dans une forêt éclairée par des œuvres d’art, une chose est sûre : ici, même les pauses sont actives.