Dix parcs du Vaucluse où l’on ne vient pas seulement pour s’asseoir sur un banc
5 octobre 2026 · La rédaction de Sortir en Provence-Alpes-Côte d'Azur · Vaucluse
Entre les ombres taillées des jardins historiques, les pentes sauvages qui dominent les villes et les potagers où l’on cultive autre chose que des légumes, le Vaucluse offre des parcs qui racontent une histoire, une vue ou une obsession. Voici dix endroits où le mot "parc" prend un sens différent à chaque fois.
1. Le potager d’un curieux – Saignon
Ici, le mot potager est un euphémisme : on y trouve des collections de cucurbitacées aux formes improbables, des allées bordées de topiaires qui semblent sorties d’un conte, et des bancs placés pour observer les jeux d’ombre des arbres taillés en animaux. Le propriétaire, un horticulteur passionné, a transformé un terrain en pente en une sorte de cabinet de curiosités végétales où chaque visiteur repart avec l’envie de planter autre chose que des tomates.
2. Jardin des hirondelles – Vedène
Ce n’est pas un parc public classique, mais un jardin associatif où les habitants du quartier ont planté des arbres fruitiers, des fleurs mellifères et des haies pour attirer les oiseaux. Les hirondelles, justement, y nichent par dizaines, et leurs allers-retours au-dessus des bassins donnent l’impression d’un spectacle permanent. On y vient moins pour une promenade que pour comprendre comment un bout de terre peut redevenir un écosystème.
3. Jardin médiéval – Beaumes-de-Venise
Reconstitution ? Pas vraiment. Ce jardin s’inspire des plans des monastères médiévaux, mais il est planté de variétés locales et de plantes tinctoriales qui servaient autrefois à teindre les tissus. Les carrés de culture sont séparés par des plessis de châtaignier, et l’odeur des herbes aromatiques – sauge, hysope, lavande – embaume l’air dès qu’on effleure les feuilles. Un endroit où l’on comprend que le Moyen Âge n’était pas qu’une époque de pierres, mais aussi de couleurs.
4. Jardin de Pétrarque – Fontaine-de-Vaucluse
Perché sur une terrasse qui domine la source de la Sorgue, ce jardin est un hommage au poète, mais aussi une leçon de géologie. Les plantes méditerranéennes y poussent entre les rochers calcaires, et les allées en pente offrent des vues plongeantes sur la rivière aux eaux turquoise. On y vient autant pour la poésie que pour observer comment la végétation s’accroche à un sol qui semble stérile.
5. Jardin du Mont Ventoux – Le Barroux
À mi-pente du Ventoux, ce jardin botanique est une expérience physique : l’altitude et le vent y sculptent les arbres en drapeaux, et les plantes alpines côtoient les espèces méditerranéennes. Les panneaux explicatifs racontent comment la flore s’adapte à des conditions extrêmes, et la vue sur la plaine du Comtat Venaissin donne l’impression d’être au sommet du monde. Un parc où l’on transpire autant qu’on s’émerveille.
6. Colline Saint-Eutrope – Orange
Une colline pelée en plein cœur d’Orange, où les Romains ont taillé des gradins dans la roche pour en faire un théâtre naturel. Aujourd’hui, c’est un parc sauvage où les herbes folles poussent entre les pierres antiques, et où les habitants viennent chercher un peu de fraîcheur en été. La vue sur la ville et les Alpilles est spectaculaire, mais ce qui frappe, c’est le contraste entre la rudesse du lieu et la douceur du panorama.
7. Jardin des Carmes – Avignon
Caché derrière les murs d’un ancien couvent, ce jardin est un havre de silence en plein centre-ville. Les allées de buis taillé encadrent des massifs de roses anciennes, et les fontaines murmurent entre les arcades. Les Avignonnais y viennent pour lire ou faire la sieste, mais aussi pour admirer les vestiges des bâtiments conventuels qui affleurent entre les parterres. Un parc où l’on se sent à la fois en ville et hors du temps.
8. Parc de l’abbaye Saint-Ruf – Avignon
Un parc méconnu, même des Avignonnais. Les ruines de l’abbaye romane y côtoient des cèdres centenaires et des pelouses où les étudiants viennent réviser. L’endroit est un peu à l’abandon, ce qui lui donne un charme particulier : on y devine l’histoire des lieux à travers les pierres érodées et les arbres qui ont poussé entre les murs. Un parc où l’on se sent un peu archéologue.
9. Square Agricol Perdiguier – Avignon
Un square de quartier, mais pas n’importe lequel : il porte le nom d’un ouvrier menuisier devenu député, et ses allées sont bordées de platanes taillés en rideau. Les bancs sont toujours occupés par des joueurs de cartes ou des retraités qui discutent, et les enfants y courent entre les jets d’eau en été. Un parc sans prétention, mais qui résume l’âme populaire d’Avignon.
10. Espace vert de la Prétentaine – Le Pontet
Un parc urbain classique, avec ses pelouses, ses jeux pour enfants et ses allées goudronnées, mais qui a une particularité : il est traversé par un canal où les canards barbotent toute l’année. Les habitants du Pontet y viennent pour pique-niquer ou faire du vélo, et le soir, les réverbères éclairent les peupliers qui bordent l’eau. Un parc où l’on vient moins pour la beauté que pour la vie qui s’y déroule.