Dix sites archéologiques des Bouches-du-Rhône qui racontent autre chose que Rome

31 août 2026 · La rédaction de Sortir en Provence-Alpes-Côte d'Azur · Bouches-du-Rhône

Dix sites archéologiques des Bouches-du-Rhône qui racontent autre chose que Rome

Entre les vestiges romains qui volent la vedette et les sites préhistoriques méconnus, les Bouches-du-Rhône cachent des traces du passé qui ne ressemblent à rien d’autre. Voici dix lieux où l’histoire se lit dans la pierre, du plus discret au plus spectaculaire.

1. Hypogées de Fontvieille

Ces sépultures collectives semi-enterrées, avec leur toit de dalles, sont un casse-tête pour les archéologues : ni tout à fait grottes, ni tout à fait monuments, elles datent de 3300-3000 av. J.-C. et tranchent avec les hypogées classiques du pourtour méditerranéen. Leur état de conservation permet encore d’imaginer les rites funéraires qui s’y déroulaient, bien avant les pyramides d’Égypte.

2. Site archéologique de Saint-Laurent de Cabardel (Pélissanne)

Ici, les couches s’empilent comme un livre ouvert : un village néolithique sous une villa gallo-romaine, elle-même recouverte par une église paléochrétienne et sa nécropole. Les fouilles ont révélé des outils en silex, des murs romains et des sarcophages, le tout à quelques pas des lotissements modernes. Un lieu où l’on marche littéralement sur 6000 ans d’histoire.

3. Voies romaines et pré-romaines de Pélissanne

Les ornières creusées par les chars il y a deux mille ans sont encore visibles sur le chemin de Valdegon, comme si les marchands de l’Antiquité venaient de passer. Ces traces, moins spectaculaires qu’une voie pavée, racontent pourtant une histoire plus ancienne : celle d’un carrefour commercial bien avant l’arrivée des Romains, quand Pélissanne était déjà un nœud de circulation.

4. Jardin Lapidaire de Martigues

Ce n’est pas un musée, mais un jardin où les pierres parlent. L’autel dédié au culte impérial, découvert près du hameau de Saint-Pierre, côtoie une croix arménienne (khatchkar) offerte en hommage aux victimes du génocide. Entre les fragments de temple gallo-romain et les stèles, le lieu rappelle que Martigues fut un port où se croisaient les cultes et les civilisations.

5. Pavillon de la Reine Jeanne (Les Baux-de-Provence)

Ce petit pavillon Renaissance, niché dans un vallon près d’un lavoir, est un pied de nez à l’austérité des Baux. Construit par Jeanne de Quiqueran, baronne des Baux au XVIe siècle, il fut assez marquant pour que Mistral en fasse réaliser une copie pour son propre tombeau. Son élégance discrète contraste avec les ruines du château voisin, comme un clin d’œil à une Provence plus raffinée.

6. La Poterne d’Allauch

Cette porte médiévale surmontée d’une niche du XVIIe siècle abrite une légende tenace : celle de Janeton, la bergère qui aurait maudit la Vierge pour ne pas avoir exaucé son vœu d’amour. La statuette disparue et l’histoire populaire donnent à ce lieu une dimension presque intime, loin des grands récits historiques. Une trace du passé qui se transmet encore de bouche à oreille.

7. Oppidum de Roquefavour (Ventabren)

Avec ses 6 hectares, c’est l’un des plus vastes oppida de la région, mais il reste méconnu. Perché sur le Baou de Mario, ce village fortifié pré-romain révèle un plan urbain préconçu, preuve d’une organisation sociale complexe bien avant la conquête romaine. Les murs en pierre sèche et les traces de rues dessinent encore le quotidien de ses habitants, entre agriculture et défense.

8. Le Calvaire d’Alleins

Moins impressionnant qu’un oppidum ou qu’un théâtre antique, ce calvaire du XIXe siècle mérite pourtant le détour pour son histoire locale. Érigé sur une butte, il marque l’emplacement d’une ancienne chapelle et offre un point de vue sur les Costes. Un lieu de pèlerinage discret, où se mêlent dévotion et mémoire paysanne.

9. Théâtre Antique d’Arles

Moins célèbre que l’amphithéâtre voisin, ce théâtre du Ier siècle av. J.-C. a pourtant accueilli les plus grands spectacles de la Gaule romaine. Aujourd’hui, ses gradins partiellement restaurés et ses deux colonnes encore debout rappellent que la ville était un foyer culturel majeur. Le lieu, dégagé au XIXe siècle, reste un témoignage rare de l’architecture théâtrale romaine en Provence.

10. Site archéologique de Glanum (Saint-Rémy-de-Provence)

Glanum, c’est l’exception qui confirme la règle : une ville antique qui a connu trois âges d’or – celte, grec et romain – avant de disparaître sous les invasions. Les thermes, le forum et les maisons à péristyle révèlent une cité prospère, hellénisée par Marseille puis romanisée. Le site, l’un des mieux conservés de France, montre comment les cultures se superposent, sans s’effacer.

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