L'art et le souffle : où respirer en Bouches-du-Rhône cette semaine

28 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Provence-Alpes-Côte d'Azur · Bouches-du-Rhône

L'art et le souffle : où respirer en Bouches-du-Rhône cette semaine

Cette semaine, les Bouches-du-Rhône se transforment en une galerie à ciel ouvert, où l’art contemporain dialogue avec les paysages et les mémoires du territoire. Entre expositions éphémères et balades qui invitent à ralentir, il y a de quoi nourrir à la fois le regard et l’esprit — sans jamais quitter le département.

Quand les artistes réinventent l’espace

Aux Baux-de-Provence, la Galerie de Manville devient le théâtre d’un dialogue entre deux univers artistiques. D’un côté, Sculptilia 5 d’Elisabeth Cibot, où bronzes, céramiques et verres s’entrelacent autour du trait, comme si chaque matière cherchait à raconter une histoire différente. De l’autre, Lumières abstraites de Virginie Arent et Pascal Thouvenin, où les couleurs minérales — ces bleus profonds, ces ocres et ces sables — évoquent les paysages mêmes qui entourent le village. Deux expositions qui, le temps d’un week-end, transforment les Baux en un lieu où l’art n’est plus seulement contemplé, mais vécu comme une extension de la lumière provençale.

À Marseille, l’atelier Lémoticube propose une expérience plus intime, presque secrète. Dès que la porte se referme, les participants — jamais plus de sept — se déchaussent, se couvrent, et laissent derrière eux le bruit de la ville. Ce n’est pas une exposition, mais une immersion, où l’art se vit avec le corps autant qu’avec les yeux. Une parenthèse rare, où le temps semble suspendu.

Un coup de cœur : l’art qui révèle l’invisible

Parmi toutes ces propositions, c’est l’exposition Territoires invisibles, à la Mairie 15/16 de Marseille, qui retient particulièrement l’attention. Trois artistes — Christine Lopez (LOPLOP), Angélique Rollier et Robert Marque-Bouaret — y explorent des univers singuliers, où la peinture devient un moyen de rendre visible ce qui échappe habituellement au regard. Leurs œuvres, à la fois poétiques et décalées, invitent à porter un autre regard sur les marges de la ville, ces espaces que l’on traverse sans toujours les voir. Une exposition qui résonne avec l’esprit marseillais : à la fois brut et mélancolique, mais toujours vibrant.

Ralentir, enfin

Si l’art est une façon de s’évader, d’autres propositions cette semaine invitent à revenir à l’essentiel. À Martigues, les Sentiers du Calme offrent une sophro-balade où la marche devient prétexte à la respiration, à la pleine conscience. Au fil du chemin, des exercices de sophrologie aident à se recentrer, comme si le paysage lui-même devenait un guide pour apaiser le rythme effréné du quotidien. Une initiative qui tombe à point nommé, alors que les journées raccourcissent et que l’envie de ralentir se fait plus pressante.

À Marignane, les Journées marignanaises du développement durable rappellent que la beauté du territoire ne va pas de soi. Au programme : des animations pour sensibiliser aux enjeux écologiques, mais aussi des moments de partage pour imaginer, ensemble, comment préserver ces paysages qui font la richesse des Bouches-du-Rhône. Une journée qui rappelle que le développement durable n’est pas qu’une question de gestes, mais aussi de regards — et que chaque petit pas compte.

Et si on sortait des sentiers battus ?

Pour ceux qui voudraient prolonger l’expérience au-delà des expositions, les Bouches-du-Rhône regorgent de balades qui méritent le détour. La boucle n°4 d’Arles, par exemple, mène jusqu’à l’étang de Vaccarès, où les rizières et les maraîchages cèdent la place à l’immensité des eaux. Un paysage qui semble tout droit sorti d’un tableau, et qui rappelle que la Camargue commence ici, aux portes de la ville.

Plus à l’ouest, la boucle n°1 de Coudoux offre une escapade cycliste facile, le long de l’aqueduc de Roquefavour. Ce monument, souvent éclipsé par son célèbre cousin le pont du Gard, n’en est pas moins impressionnant. Ses arches se découpent dans le paysage, comme un vestige d’une époque où l’eau était déjà une richesse à préserver.

Enfin, pour ceux qui préfèrent les reliefs, la boucle n°10 d’Aubagne mène jusqu’au piémont du Garlaban, ce massif rocheux qui domine la vallée de l’Huveaune. Un décor familier pour les lecteurs de Pagnol, mais qui ne cesse de surprendre par sa rudesse et sa poésie.

Cette semaine, les Bouches-du-Rhône offrent bien plus que des sorties : des occasions de voir, de ressentir, et peut-être même de se surprendre. Que l’on choisisse l’art, la nature ou un peu des deux, une chose est sûre : il y a toujours une raison de lever les yeux.

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