Manosque, capitale éphémère des mots et des images ce week-end
23 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Provence-Alpes-Côte d'Azur · Alpes-de-Haute-Provence
Ce week-end, les Alpes-de-Haute-Provence se transforment en terre d’élection pour celles et ceux qui aiment les livres, les images et les rencontres qui les font vivre. Manosque, habituellement discrète, devient le centre névralgique d’un festival qui a su, au fil des années, tisser des liens uniques entre les auteurs, les artistes et leur public. Les Correspondances ne sont pas un simple rendez-vous littéraire : c’est une expérience où la littérature se déploie sous des formes inattendues, où l’on peut à la fois écouter un roman, en discuter avec son auteur, ou même s’allonger pour une sieste musicale et littéraire.
Un festival qui réinvente la rencontre avec les textes
Le festival Les Correspondances de Manosque, qui fête cette année sa [année non précisée, mais on imagine une édition charnière], a cette particularité de ne jamais se contenter de la forme classique de la conférence ou de la lecture. Ici, on expérimente. Le 25 septembre, par exemple, sera une journée où la littérature se mêlera à d’autres arts pour créer des moments uniques. Parmi eux, la sieste littéraire avec Bastien Lallemant, Maëva Le Berre, JP Nataf et d’autres artistes promet d’être un coup de cœur. Imaginez : une salle plongée dans une semi-pénombre, des voix qui se répondent, des musiques qui s’entrelacent, et des textes qui résonnent comme des confidences. Soixante minutes pour se laisser porter, sans autre obligation que d’écouter. Attention, les places sont limitées, et l’expérience, à en juger par les éditions passées, est de celles qui marquent.
Autre proposition qui sort des sentiers battus : le concert dessiné d’Arthur H et Alfred, intitulé « La Solidité du rêve ». Ici, la musique et le dessin se répondent en direct, créant une œuvre éphémère où les mots d’Arthur H prennent vie sous les traits d’Alfred. Une façon de rappeler que la littérature n’est pas qu’une affaire de pages, mais aussi d’images, de sons et d’émotions partagées.
Des rencontres pour découvrir les coulisses de la création
Le festival est aussi l’occasion de rencontrer ceux qui font vivre les livres, bien au-delà des auteurs. Les illustrateurs, par exemple, ont une place de choix cette année. Pierre Taranzano sera présent à la librairie La Somme de nos folies pour dédicacer sa nouvelle BD « L’Ailleurs », tandis que Michel Montheillet proposera une rencontre autour de « 1991 » à la librairie Le Petit Pois. Ces deux rendez-vous, organisés en partenariat avec l’association Eïkôndôlon, sont une belle opportunité de découvrir le travail de ces artistes qui, par leurs images, donnent une autre dimension aux récits.
Pour celles et ceux qui préfèrent les mots aux images, les lectures publiques organisées par les Donneurs de Voix de la Bibliothèque Sonore 04 offrent une autre façon d’aborder les romans présentés pendant le festival. Le 24 septembre, des extraits des œuvres discutées dans l’après-midi seront lus à voix haute, permettant d’entendre les textes autrement, comme une partition dont on redécouvrirait les nuances.
Une exposition pour toucher du doigt l’art de la gravure
En marge du festival, l’exposition « Correspondances gravées », visible à Manosque dès le 15 septembre, propose un voyage dans l’univers de la gravure à travers des échanges internationaux. Mais ce qui rend cette exposition particulièrement intéressante, c’est l’initiation à la gravure proposée au public. Pas besoin d’être un expert : il s’agit avant tout de comprendre les gestes, les outils et les techniques qui permettent de transformer une plaque de métal ou de bois en une œuvre d’art. Une façon concrète de se rapprocher d’un art souvent perçu comme mystérieux.
Autour de Manosque : des lieux à explorer pour prolonger l’inspiration
Si le festival occupe une place centrale ce week-end, les alentours de Manosque regorgent de lieux qui, eux aussi, racontent des histoires. À Forcalquier, la Maison des têtes, aussi appelée la Maison des quatre saisons, est un joyau de l’architecture Renaissance. Ses façades sculptées, où se mêlent visages humains et motifs végétaux, sont un témoignage fascinant de l’art de cette époque. Un détour par ce bâtiment, qui semble tout droit sorti d’un conte, est une belle façon de clore une journée passée à arpenter les rues de Manosque.
Pour celles et ceux qui préfèrent les grands espaces, l’aire de battage de Brès, près du Castellet, offre un aperçu du patrimoine rural des Alpes-de-Haute-Provence. Ces aires, autrefois utilisées pour séparer le grain de la paille, sont aujourd’hui des témoins silencieux d’un mode de vie disparu. Leur circularité parfaite, leur sol en pierre et leur situation souvent isolée en font des lieux propices à la contemplation.
Enfin, à Sisteron, l’ancien Couvent des Dominicains mérite le détour. Ce bâtiment du XIIIe siècle, classé monument historique, abrite aujourd’hui la médiathèque intercommunale. Son cloître, ses voûtes et ses salles chargées d’histoire en font un lieu où l’on peut à la fois se plonger dans le passé et profiter d’un moment de calme, bercé par le bruit des pages qui se tournent.
Une avant-première à Seyne pour élargir les horizons
Si Manosque est le cœur battant des Correspondances, le village de Seyne propose une autre forme de rencontre ce week-end. Le 25 septembre, une avant-première du spectacle « Notre salut » y sera présentée. Ce texte, qui plonge le spectateur dans les premiers mois du régime de Vichy à travers le destin d’Henri Marre, un homme ordinaire pris dans les tourments de l’Histoire, rappelle que les mots peuvent aussi être un moyen de questionner le passé et de mieux comprendre le présent. Une proposition qui, par son sujet, résonne particulièrement avec les enjeux actuels.
Ce week-end, les Alpes-de-Haute-Provence offrent donc bien plus qu’un simple programme de sorties : c’est une invitation à explorer les multiples facettes de la création, à travers des rencontres, des expériences et des lieux qui, chacun à leur manière, célèbrent le pouvoir des mots et des images.
Pour en savoir plus
- Correspondances gravées (exposition)
- Festival Les Correspondances de Manosque 2026
- Les romans des Correspondances de Manosque
- Séance de dédicaces avec l'illustrateur Pierre Taranzano
- COMPLET Sieste littéraire par Bastien Lallemant, Maëva Le Berre, JP Nataf, Mathieu Boogaerts & Sylvain Prudhomme - Les Correspondances 2026
- Rencontre et dédicaces avec l'illustrateur Michel Montheillet
- Notre salut
- « Vivre sans bonheur et n’en point dépérir » de Véronique Ovaldé avec Maëva Le Berre (violoncelle) - Les Correspondances 2026
- « Lettres à Sigurd » de Romain Gary par Emmanuel Noblet - Les Correspondances 2026
- « La Solidité du rêve » d’Arthur H et Alfred - Les Correspondances 2026
- "Maison des têtes" ou des "quatre saisons"
- A la Ferme de Titou
- Aire de battage de Brès
- Ancien Couvent des Dominicains