Quand les Hautes-Alpes s’animent : rencontres, sciences et craies sur les pavés

28 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Provence-Alpes-Côte d'Azur · Hautes-Alpes

Quand les Hautes-Alpes s’animent : rencontres, sciences et craies sur les pavés

Cette semaine, les Hautes-Alpes ne se contentent pas de leurs paysages grandioses. Entre vallées et villages, une série d’événements transforme le département en un terrain de curiosités partagées, où l’on croise des apiculteurs, des scientifiques, des artistes et même des craies à dessin. Voici ce qui fait battre le cœur du territoire ces jours-ci.

L’abeille, le radon et les mots : trois façons de regarder le monde

Le 2 octobre, trois rendez-vous très différents se télescopent, comme pour rappeler que la vitalité d’un territoire se mesure aussi à la diversité de ses passions. À Saint-Léger-les-Mélèzes, l’Apiweek et les Rencontres Paysannes offrent une plongée dans l’univers des apiculteurs locaux. L’occasion de comprendre les enjeux de la filière, mais aussi de goûter aux produits des ruches du Champsaur-Valgaudemar – un savoir-faire qui se transmet autant qu’il se déguste.

À quelques kilomètres de là, à Ancelle, une exposition plus inattendue attire l’attention : « Le Radon : un tueur dans les Hautes-Alpes ». Proposée par Gap Sciences Animation 05 dans le cadre de la Fête de la Science, elle aborde un sujet méconnu, voire tabou : la présence de ce gaz radioactif naturel dans les sols du département. Loin d’être anxiogène, l’exposition joue la carte de la pédagogie, expliquant les risques, mais aussi les solutions pour s’en prémunir. Une façon de rappeler que la science, même quand elle parle de dangers, est d’abord un outil pour agir.

Enfin, à Vallouise-Pelvoux, la bibliothèque accueille Éric Savoldelli pour une rencontre autour de son premier roman graphique, Mona. L’auteur, dont le travail mêle dessin et narration, propose un temps d’échange suivi d’une dédicace et d’un apéritif partagé. Un moment rare pour découvrir une œuvre en train de naître, dans l’intimité d’un village où les livres ont encore le pouvoir de rassembler.

Le coup de cœur : quand Guillestre se transforme en toile géante

Parmi les propositions de la semaine, une animation sort du lot par son audace et sa simplicité. Le 3 octobre, la place Albert de Guillestre devient le terrain de jeu de « Crayons nos rues ». L’idée ? Mettre des craies et des livres de dessin à disposition des passants, et les inviter à s’exprimer directement sur le sol. Pas de thème imposé, pas de compétition : juste l’envie de redonner aux rues leur dimension de lieu vivant, où l’art n’est pas réservé aux galeries, mais s’étale, éphémère, sous les pieds des promeneurs.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des Journées nationales « Biblis en folies », qui animent les médiathèques du Guillestrois et du Queyras. À Champcella, une lecture à voix haute propose quant à elle de redécouvrir des textes en les écoutant, plutôt qu’en les lisant – une expérience sensorielle qui change notre rapport aux mots. Preuve que la culture, dans les Hautes-Alpes, ne se contente pas des sentiers battus.

Bouger, explorer, s’émerveiller : les autres pépites de la semaine

Pour ceux qui aiment allier mouvement et découverte, Gap propose deux rendez-vous le 2 octobre. D’un côté, l’association APSAS organise une journée de rencontre autour de l’activité physique et de la santé, avec des tests gratuits pour les majeurs. De l’autre, la ville accueille la 18ᵉ édition de Gapencimes, un événement dont le programme détaillé reste à découvrir, mais qui promet, comme chaque année, de célébrer la montagne sous toutes ses formes.

Le 3 octobre, à Puy-Saint-Eusèbe, une visite de miellerie permet de plonger dans les coulisses de la production de miel. L’apiculteur y partage son quotidien, ses outils et, si le temps le permet, une immersion dans le rucher. Une façon concrète de comprendre ce qui se cache derrière un pot de miel – bien loin des étiquettes standardisées des supermarchés.

Et si on prolongeait la découverte ?

Ces événements sont aussi l’occasion de s’attarder dans des lieux qui, toute l’année, méritent le détour. La forêt de Beynaves, près d’Orpierre, abrite par exemple « Les affûts d’étoiles », un parcours artistique nocturne où les œuvres dialoguent avec la nature et la nuit. Plus au sud, l’abbaye de Boscodon, à Crots, offre un cadre paisible pour une balade historique, tandis que les gorges de la Méouge cachent des trésors comme l’abri de cantonnier, témoin discret d’un passé où les routes des Alpes se construisaient à la force des bras.

Cette semaine, les Hautes-Alpes prouvent une fois de plus que leur richesse ne réside pas seulement dans leurs sommets. Elle est aussi dans ces moments où les habitants, les visiteurs et les idées se rencontrent – que ce soit pour parler d’abeilles, dessiner sur le bitume ou écouter une histoire à voix haute.

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