Six plateaux des Bouches-du-Rhône où la terre prend de la hauteur
7 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Provence-Alpes-Côte d'Azur · Bouches-du-Rhône
Dans les Bouches-du-Rhône, les plateaux ne sont pas des étendues monotones, mais des reliefs qui racontent le temps géologique et les contrastes du territoire. Certains dominent des étangs, d’autres percent les Alpilles, tous offrent des perspectives inattendues sur le département. Voici six d’entre eux, choisis pour ce qu’ils révèlent du paysage.
1. Quatre Termes – La Barben
Ici, le plateau se fait discret, presque secret. Enclavé entre les massifs de Lançon et les contreforts de la Trévaresse, il échappe aux itinéraires touristiques classiques. Pourtant, c’est précisément cette position centrale qui en fait un belvédère méconnu : d’un côté, l’agitation d’Aix-en-Provence et de l’Etang de Berre, de l’autre, les reliefs plus marqués du Pont de Rhaud. Les Quatre Termes ne s’imposent pas par son altitude, mais par sa capacité à relier les horizons.
2. Sulauze – Istres
Le massif de Sulauze surprend par sa pente douce, presque imperceptible, qui s’étire vers le sud-est avant de basculer brutalement vers les étangs. À seulement 118 mètres au plus haut, il n’a rien d’une montagne, mais sa topographie en fait un plateau à part : une transition entre le climat du Bas Rhône et les influences méditerranéennes. Les vents y sculptent la végétation, et les jours de mistral, le contraste entre la terre ferme et les eaux miroitantes de l’Etang de l’Olivier devient saisissant.
3. La Lèque – Saint-Rémy-de-Provence
Dans les Alpilles, le calcaire règne en maître, et La Lèque en est l’une des plus belles expressions. Ce plateau, traversé de sentiers sinueux, offre des vues qui semblent taillées pour la randonnée : à chaque détour, les crêtes des Alpilles se découpent sur le ciel, tandis que les vallons cachés rappellent la fragilité de ce paysage minéral. Moins fréquenté que les sites voisins, il attire ceux qui cherchent l’austérité et la lumière crue de la garrigue.
4. Le plateau de la Caume – Saint-Rémy-de-Provence
Entre le Pas de l’Aigle et le Rocher des Deux Trous, la Caume étire son plateau comme une scène naturelle. Ce n’est pas seulement un point de vue, mais un lieu où la garrigue se fait entendre : le chant des oiseaux y résonne avec une netteté rare, comme amplifié par l’étendue dégagée. Les sentiers qui le traversent mènent à des belvédères où l’on domine les Alpilles sans être écrasé par elles. Un plateau qui respire.
5. L’Arbois – Aix-en-Provence (massif)
L’Arbois n’est pas un plateau comme les autres : c’est une forteresse minérale cernée par les autoroutes et les zones industrielles. Pourtant, à 270 mètres d’altitude, il offre une visibilité qui défie l’urbanisation environnante. Ses contours, délimités par l’A8 et l’A51, en font un îlot de nature sous pression, où la faune – dont l’aigle de Bonelli – résiste malgré tout. Un lieu qui rappelle que les plateaux ne sont pas toujours des espaces préservés, mais parfois des territoires en tension.
6. Parc Départemental de l’Arbois – Aix-en-Provence
Si le massif de l’Arbois est une entité géologique, le parc départemental en est la version accessible, presque domestiquée. Ici, le plateau se parcourt à pied, entre ruisseaux temporaires et affleurements rocheux. La présence possible d’un couple d’aigles de Bonelli ajoute une dimension sauvage à ce site pourtant proche de la ville. Contrairement aux autres plateaux, celui-ci se vit comme une parenthèse : un espace où la nature reprend ses droits, malgré les autoroutes qui grondent à quelques centaines de mètres.